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Qwant après le « bad buzz » ?

février 20, 2013

Le moins que l’ont puisse dire c’est que ma petite analyse du moteur de recherche Qwant a déclenché une vraie polémique durant la semaine précédente. Je trouve assez dommage que certaines personnes de la sphère Web française se soient, souvent, focalisées sur des petits détails ou sur la forme de mon modeste article, plutôt que sur le fond.

Plus triste encore, les réponses sous forme d’attaques personnelles, de menaces, d’insultes (qui ont parfois frisé le harcèlement), plutôt qu’un débat construit et positif. Un peu plus drôles étaient les accusations de fausses publicités déguisées pour des services dont je n’avais jamais entendu parler avant de faire des recherches sur le classement des résultats par Qwant. Surtout que je jugeais ces services de piètre qualité (je pense, en particulier, à Kurrently).

Avant d’entrer dans le vif du sujet je tiens à revenir sur un point que je juge important : le reproche que l’ont m’a fait, et à mon humble avis, le seul qui était valide, a été de ne pas avoir demandé de précisions à la société Qwant avant de publier mon étude. Je tiens à dire que cela est faux et que suite à l’article qui présentait le moteur de recherche sur le site de « Le figaro » j’ai rapidement contacté Qwant par le biais de leur formulaire de contact afin de leur poser plusieurs questions techniques. Je n’ai pas obtenu de réponses de leur part. Je n’ai fini de rédiger et publier mon article que plusieurs jours plus tard.

Olivier Andrieu, d’Abondance a annoncé, par la suite, que lui non plus n’avait pas obtenu de réponse à sa demande de contact avec Qwant. Du moins, avant de publier son article qui était, en partie, inspiré de ma démonstration.

Les réponses de Qwant à mon article

Qwant à répondu plusieurs fois à mes tests, une première fois sur leur blog, puis une seconde fois lors d’un podcast sur le blog de Laurent Bourrelly.

Sur la forme de ces réponses, il y a une bonne partie d’ironie et d’esquive lorsqu’ils abordent certains des points que j’ai soulevés. Il y a aussi une bonne partie de ce que j’appellerai du « blabla marketeux sans intérêt », mais personne ne pourra leur reprocher, car c’est une forme de communication d’entreprise qui est plus que courante à l’heure actuelle.

En revanche j’aimerais mettre en avant les points intéressants présentés par Qwant et leur stratégie pour lancer leur moteur.

Ce qu’il faut comprendre avant tout, c’est comment fonctionne un moteur de recherche (je vais essayer de simplifier ça pour les personnes peu techniques).

D’un côté nouveau une base de données que l’on nomme « index » et qui stocke les contenus des pages des sites Web. Plus l’index est conséquent et plus on peut travailler dessus et offrir des résultats variés à l’internaute.

L’autre module important est un robot (un programme) qui parcourt les pages Web, en extrait leur contenu et les envois dans l’index.

Enfin nous avons un dernier programme qui est composé de plusieurs algorithmes de tri qui se charge de trier l’index afin de renvoyer les résultats les plus pertinents par rapport aux recherches des internautes.

Ces trois modules demandent une puissance de calculs et une capacité de stockage conséquentes. En clair ça coûte très cher.

L’approche de Qwant

Si l’ont en croit Eric Léandri de Qwant, la partie algorithmes de tri serait déjà opérationnelle. Le robot d’indexation le serait lui aussi, mais il ne serait pas encore actif (il ne parcourt pas encore les Web pour en extraire le contenu). L’index quant à lui reste à construire.

Qwant a donc choisi, pendant cette phase de transition, d’appuyer une grosse partie de ses résultats sur d’autres moteurs de recherche et services Web (Bing en tête), afin de pouvoir servir, dés son lancement, des résultats aux internautes pendant qu’il construit son index.

Une simple erreur de communication ?

Le fait de ne pas avoir communiqué sur cette stratégie et de s’enfermer dans, une vieillissante, culture du secret et, à mon humble avis une vraie erreur de communication. Les sociétés internet modernes sont de plus en plus dans la communication à propos de leurs technologies et de leurs choix stratégiques, et à ce niveau, Qwant semble s’être basé sur de vieux modèles, quasi obsolètes.

Une touche d’espoir et des interrogations

Ma conclusion se résume assez simplement : pour l’instant ne nous savons pas ce que vaut Qwant car peu de ses résultats de recherche ne reflètent sa propre technologie. Que vaut-il vraiment face aux autres moteurs de recherche comme Google, Bing ou Voilà ? Il est impossible de répondre à cette question à l’heure actuelle.

Tout ce que j’espère est que Qwant en ait vraiment derrière le capot et qu’il arrive à nous le prouver dans un avenir plus ou moins proche. Mais pour l’instant, c’est « wait and see ».

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9 commentaires
  1. Xavier permalink

    Construire un index, donc crawler des sites, c’est juste une opération titanesque ! Quiconque ayant déjà réalisé un crawler sait de quoi je parle et les problèmes que l’on rencontre. J’ai du mal à comprendre comment on peut lancer un moteur de recherche sans avoir cette brique…

  2. Jaep permalink

    Ces agressions verbales me rappellent les débuts des tablettes d’archos, un site qui a rapidement adopté une posture cocardière, qui vantait ses produit francais fait en chine. Et qui a reussi a rameuter un nombre de fan assez incroyable, qui défendait bec et ongles Archos contres les vilains américains Apple.
    Sauf que les premiers produits « tablette Archos » etaient de la « M…. » par rapport a la concurrence Américaine, canadienne, japonaise, coréenne, taïwanaise,
    Quand on le leur disait, il y avait un réel dénie de la part de ces fans … et des journalistes grand public…
    Résultat des courses, insultes sur les forums, doublés d’une attitude snobinardes, égocentriques qui n’etaient pas sans rappelés les Apple Fans, Les nokia fans et les Linux Fans d’y il y a 10 ans … Ceux là meme que les fans d’Archos critiquaient…
    Si l’écart de qualité s’est comblée au fil du temps, cela n’empeche pas que les « ArchosFans » ont eu une attitude déplorable
    Laurent Bourelly a clairement avoués ses cotés partisans, il ne sembles pas se rendre compte que si Qwant se fout encore du monde, c’est sa réputation a lui qui vas en prendre un coup.

    P.S. : Vu le langage de Bourelly, je me pose la question. Cet homme ne se prend il pas pas pour l’inspecteur Harry du Web ?
    Vulgarité, insultes, je me vais te débusquer, je suis a tes trouces, harcelement…
    Je me pose meme cette question: Est il lié d’une manière ou d’une autres avec Qwant…

    P.S. 2: Je vous soutiens sur ce coup. Lorsque j’ai utilisait Qwant pour la premiere fois, j’ai bien vu qu’il réutilisait des truc de Bing. L’un de mes petits plaisirs du Web est de partir sur les différents Bing pour les photos et les informations qu’ils donnent…

    • Patrickolo1 permalink

      Concernant Bourrelly, je plussoies !!! Ce type est franchement insupportable. C’est un très bon SEO, mais il a un melon qui dépasse toutes les limites. Rare de voir un tel égo… Son côté justicier est vite énervant, même si certaines causes qu’il défend sont très compréhensibles (genre les marketeurs bidons). Son coté rageux et vulgaire me le rend insupportable. Il se remet pas du tout en question. Si je prend son champ lexical, je dirais que c’est une tête de con. Mais bon, il a le mérite de jeter des pavés dans la mare, et anime un peu la social-sphere SEO. Des clowns il en faut aussi…

      Au fait Laurent B., si tu me lis, oui je suis un co-nard anonyme frustré.

  3. Ouranov permalink

    Moi je n’ai qu’une question : Tu te rends compte qu’en publiant ton premier article volontairement destructeur sans t’être assuré de la réalité des choses et de leur légitimité, tu mets en péril une jeune start up au moment le plus crucial de sa vie : Le lancement?

    Tu sembles suffisamment au fait du mode de fonctionnement des moteurs de recherche, et tu le prouves ici, pour savoir que construire un index demande beaucoup de temps et d’argent. Tellement que personne n’a jamais réussi à le faire en Europe jusqu’à aujourd’hui. Sachant tout cela, tu as néanmoins posté un écrit au vitriol n’accordant aucun bénéfice du doute et sans même réfléchir aux contraintes matérielles naturelles.

    Il y avait donc une réelle volonté de nuire et je continue de me demander par quoi elle était motivée. Je te pose cette question car elle est pour moi symptomatique du mal Français ; la critique négative est systématiquement prioritaire à tout le reste au prix même de l’honnêteté et de l’éthique.

    J’espère que tu as un boulot à l’étranger ou dans un grand groupe international et que tu n’envisages jamais de bosser dans une start up en France car de moins en moins de start ups se créeront en France et les français n’auront vraiment plus rien d’autre à faire que de rester assis sur leur cul et critiquer le reste du monde.

    Les investisseurs, univers que je connais, ne veulent déjà plus investir en France dans des startups et demandent aux français d’aller en Californie, en Israël ou en Russie comme condition à leur investissement. C’est déjà une réalité.

    ps: si tu modères ce commentaire, ce qui ne me surprendrait qu’à moitié, n’hésite pas à me répondre en privé.

    • spama permalink

      « tu mets en péril une jeune start up au moment le plus crucial de sa vie : Le lancement? »
      Je ne suis absolument pas d’accord pour mettre la repsonsabilité sur le dos de Lucien, son article n’était en rien destructeur. Ce qui est destrcuteur est le fait de ne pas avoir communiquer sur le fonctionnement de Qwant. le fait des personnes extérieures à Qwant aient découvert « le pot aux roses » inspire plutot à penser à une cachotterie de la part de Qwant.
      Ils ont très mal joué leur coup et paient leurs fautes.

      L’existence ou non de ce blog n’aurait strictement rien changé à cette polimique. Il y aurait eu un autre Internaute qui choqué/surpris par la découverte de la réutilisation des résultats d’autres moteurs de recherche, aurait publié l’info et dans tousles cas ca aurait fait le tour du web.

      Je trouve incroyable qu’ils aient essayé de camoufler cela. C’est pour moi au même niveau que Findus ou beyoncé qui essayent de filtrer/censurer le web. LOL tout simplement

  4. En vieux loup du Web, ça fait longtemps que je ne prête plus caution à la presse nationale (et une grande partie de la presse spécialisée IT) quand elle aborde un produit informatique franco-français.
    C’est très souvent le même scénario ; un chauvinisme aveugle employant les plus grands superlatifs et faisant des pronostics de succès avant l’heure.

    Pour revenir au cas Qwant, quand j’ai vu ce nom passer dans mon système d’indexation et analyse sémantique des actualités (100% fait avec 2 mains, 10 doigts, en France, et un hébergeur français), j’y ai quand même jeté un coup d’oeil, et çà m’a pris 10 secondes pour conclure que c’est un de ces nombreux « machins » vaguement inspiré de Yahoo! Alpha Search avec 10 fois moins de fonctionnalités sous le capot.

    Pour ma part, je trouve pas gênant, ou réducteur, que les résultats et tendances soient issus d’un mashup de diverses API. C’est rassurant pour ceux qui font souvent des recherches pour avoir uniquement 1 seul résultat, et le meilleur. (Mais ces internautes peuvent se contenter de l’interface rudimentaire de Google, non ? Pourquoi changeraient-ils ?).
    De plus je vois mal Qwant cibler les pros de la veille, data-mining, et adeptes de la curation, car l’absence d’options pour affiner les résultats ou les exporter est une lacune rédhibitoire pour ces utilisateurs.
    De surcroit, c’est exagéré de dire que l’interface de Qwant est originale ou révolutionnaire, car c’est entièrement du déjà vu et déjà exploité à un haut niveau ; souvenez vous de Yahoo! Alpha Search, MyBlogLog, Wolfram Alpha, ULike, etc (avec les succès mitigés et échecs qu’ils ont eu, sic).

    Pour contre, contrairement à ce que l’on pense, ce n’est pas si difficile ni onéreux de créer « intégralement » des robots d’indexation, moteur d’analyse sémantique, et pondération des résultats (pour preuve mes expérimentations personnelles depuis 2006). C’est largement à la portée de la modeste équipe de développement de Qwant.
    C’est plutôt les moyens pour encaisser une forte audience qui sont chers et chronophages.

  5. Anonyme permalink

    @Ouranov
    Jeune start up ? Tu en parles comme si c’était Google à son lancement… sauf que les CEO de Qwant sont loin d’êtres de pauvres petits étudiants… Ce sont des gens bourrés de fric et de relations, et qui en profitent pour essayer de faire du fric en essayant de manipuler l’actualité :
    – mauvaise image de Google avec les histoires de peering
    – « made in France »
    – « révolution », « buzz »
    Donc ce que tu fais ce ne sont que des accusations manipulatrices, du genre « lucientheodore le grand méchant qui mets des bâtons dans les roues des petits jeunes qui cherchent à faire tourner la France ». Moi je te vois plutôt comme le corrompu qui ne dit que du bien de son dictateur, ou le prêtre qui dit au pauvre que le bonheur se trouve après la mort et que les riches y seront punis…

  6. Je ne savais pas que Qwant est un sujet sensible! Si vous êtes triste après certains commentaires, c’est que vous n’avez pas surfé sur Youtube aujourd’hui! En tout cas merci de faire la modération, même si je ne sais pas ce qui modéré en tant que simple utilisateur, j’ai un confort de lecture bien meilleur! Par un hasard googlien (Refus de travailler et pas de captcha. Sale bête!) je suis tombé sur votre blog et les liens relatant de CEO. C’est vraiment très intéressant, ça fait 4h que je suis dessus; je ne décolle pas!

    D’accord avec vous. On se moque que ce soit made in France ou non, ce qui est important c’est la qualité. Généralement quand quelqu’un élude une question, c’est que la réponse n’est pas présentable… La transparence est dans l’air du temps ça ne pas bien passer en l’état. Donc je ne pense pas que deux ans soient suffisants pour le développement de Qwant. C’ést peut être pour lever des fonds?

    L’autre problème du made in France, c’est si c’est une entreprise à but lucratif, l’argent va à l’argent, les gros finissent par manger les petits. Le gros serait « étranger », fin de l’aventure. Il leur faudrait un partenaire très lourd pour ne pas de pas être tenté de céder à la première offre de rachat. Comme par exemple un acteur du marché virtuel en pleine forme. J’en connais un toujours en quête de communication…
    Dans l’hypothèse que le site décolle!

    Qu’est ce que Qwant apporte, à part un pin’s « made in France », contre Google?

  7. Stéphane M. permalink

    On lit dans la presse que Qwant utiliserait la technologie d’une société appelée Quantum Of Search or d’après société.com cette société est en liquidation judiciaire depuis avant hier … À suivre

    Ref :
    Lien avec quantum of search : http://www.webmarketing-com.com/2013/04/10/20315-qwant-le-nouveau-moteur-de-recherche-qui-sattaque-a-google
    Liquidation : http://www.societe.com/societe/quantum-of-search-532866415.html

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